Le village des facteurs d'images

Accueil > Le phare du village > Le Repaire de Marseille

Les sondages sont-ils démocratiques ?

Mercredi 16 décembre 2009
Une conférence-débat de Jacques Le Bohec

LES SONDAGES SONT-ILS DEMOCRATIQUES ?

Une conférence-débat de Jacques Le Bohec
Courriel : jacques.le.bohec@wanadoo.fr

telecharger le PDF :

PDF - 97.2 ko

Si les sondages perdurent malgré l’imposture quotidienne, c’est parce que plusieurs catégories d’acteurs sociaux (politiques, patrons, journalistes, sondeurs, publicitaires) ont intérêt à disposer de ce moyen pour atteindre des objectifs de divers ordres, qui ont plus à voir avec la protection de l’ordre social établi qu’avec la défense de la démocratie ou le progrès scientifique.

1/ Les sondages ne sont pas neutres, extérieurs aux événements (et ne prétendent plus l’être, d’ailleurs) : transformation de la politique en marché et en course de chevaux réservée à des professionnels (marketing politique) ;

2/ concours à la dé-différenciation droite-gauche (tous pareils : menteurs, corrompus) ;

3/ augmentation du désintérêt des citoyens envers une compétition seulement motivée pour des postes à pourvoir bien rémunérés (abstentionnisme) ;

4/ incitation aux électeurs à se comporter en stratèges participant à une sorte de jeu sans conséquences (vote utile, Le Pen au 1er tour, Jospin au second !) ;

5/ sondomanie qui sérialise les individus et discrédite les autres formes d’expression populaire mobilisée, collective ;

6/ concours direct à la structuration de l’offre électorale (effets sur la compétition intra-partisane, choix des candidats par les sondeurs) ;

7/ illusion d’une connaissance des attentes populaires génératrices de surprises, de malentendus, d’erreurs de communication et de mouvements sociaux ;

8/ augmentation de la fermeture des élites sur elles-mêmes par le recours à cette technologie prophylactique qui sert d’alibi démocratique (minimisation cruciale des non-réponses et des refus de sollicitation) ;

9/ dévaluation de l’importance du rituel de vote (et donc de l’élection elle-même) par l’instauration d’un climat de campagne électorale permanente.